La collaboration, moteur de l'économie circulaire

Par Bill Stephenson 21 janvier 2015

    La nécessité engendre l'innovation. Aujourd'hui, nous avons besoin d'un nouveau modèle économique plus durable. Telle a été la conclusion du Forum économique mondial de Davos cette année. L'économie circulaire, ainsi que la question cruciale de la création de nouvelles chaînes de valeur, étaient à l'ordre du jour. Dans notre métier, nous travaillons régulièrement avec nos partenaires à l'élaboration de nouvelles approches circulaires comme les marchés de Deuxième Vie, où les produits remis à neuf sont revendus à de nouveaux clients pour prolonger la durée de vie du produit et générer de nouvelles sources de revenus.

    Le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources ne vont pas disparaître si nous ne changeons rien. Utiliser au maximum les énergies renouvelables et exploiter intelligemment les ressources de la planète sont au cœur des modèles circulaires où le reconditionnement, la réutilisation et le recyclage sont légion. Nous avons besoin de ce changement car la population mondiale ne cesse d'augmenter et la consommation de nouveaux produits et services s'accélère  - d'ici 2030, la classe moyenne comptera cinq milliards de consommateurs. Selon une étude McKinsey pour la Fondation Ellen MacArthur, les économies réalisées grâce à un changement d'approche pourraient représenter un trillion de dollars par an.

    Nous sommes aux prémices de cette révolution, mais nous avons conscience de sa nécessité; et nous aurons besoin de l'ingéniosité de tous pour en faire une réalité. Un des challenges lié à cette transformation est d'adapter les chaînes de valeur actuelles du commerce mondial aux processus circulaires. Nous avons besoin d'un flux de matières qui alimentent le système en circuit fermé. Nous devons être en mesure de démonter facilement les produits et d'utiliser tous les composants quand ils sont récupérés. Nous avons besoin de nouveaux modèles de reconditionnement et de remise à neuf, générant de nouvelles sources de revenus dans ce que nous appelons le marché de «Deuxième Vie». 

    Cela sous-entend une approche d'offre de service. Au lieu de posséder les actifs, les clients les loueront. Le service et l'entretien resteront à la charge du constructeurs qui récupérera les actifs à la fin de leur premier cycle de vie et les préparera pour leur «Deuxième Vie».

    C'est passionnant de voir prendre forme de nouvelles chaînes de valeur circulaire et de faire partie d'une entreprise qui soutient cette nouvelle approche. Dans de nombreux secteurs comme la santé, l'agriculture, l'industrie et la construction,  la gestion du cycle de vie des actifs est une réalité. Elle donne corps aux théories visionnaires sur l'économie circulaire, qui pronnent depuis longtemps une culture basée sur le service plutôt que la propriété. Le constructeur reste en charge des actifs (scanner, chariot élévateur, moissonneuse-batteuse ou camion) et peut ainsi, avec l'aide de partenaires intervenant dans la chaîne de valeur, plannifier comment prolonger la durée de vie des actifs. Nous avons accompagné un constructeur de remorques dans l'élaboration d'un programme de rénovation réussi qui prolonge la durée de vie de ses produits et réduit les coûts pour ses clients. Son PDG a déclaré que le marché de deuxième vie est stratégique pour ses clients finaux. Ces  activités de remise en état sont également en plein essor dans d'autres secteurs d'activité pour lesquels nous travaillons.

    Les mentalités changent. Nous entrapercevons un monde dans lequel les utilisateurs d'équipements lourds et coûteux dans le secteur de la construction, par exemple, seront disposés à prêter leurs machines quand ils ne les utilisent pas. Cette capacité à utiliser les actifs de manière plus efficace sera un énorme coup de pouce à l'économie.

    En étroite collaboration avec nos partenaires, nous trouvons des solutions pour tendre vers l'économie circulaire. Par ex., Athlon, notre activité de mobilité, a lancé une initiative sur les "pneumatiques écologiques  où des acteurs de la supply chain, des ONG et des clients travaillent à augmenter la part des pneus recyclés, ou comment rendre les pneumatiques du futur plus durables... Nous avons aussi participé au Challenge de l'Economie Circulaire, projet à l'initiative de notre maison-mère Rabobank, où neuf organisations de l'industrie agro-alimentaire, de l'agriculture et du secteur automobile se sont réunies pour développer de nouveaux modèles circulaires. Toutes ces discussions ont soulevé invariablement les deux mêmes questions, à savoir : comment les partenaires impliqués dans la mise en place d'un modèle circulaire se répartissent les coûts supplémentaires qui y sont liés et comment des solutions de financement  permettent de mettre en place de tels projets.

    Grâce à la collaboration et au travail conjoint avec nos partenaires, nous constatons que la transition vers l'économie circulaire est possible.

    Bill Stephenson, CEO & Président du Conseil d'Administration de DLL

    Ce post a également été publié sur le blog du World Economic Forum